Violaine Bérot est actuellement en résidence d’écriture à la Villa La Brugère à Arromanches-Les-Bains (14). Elle travaille sur l’intime, en interrogeant les vies de ses grands-mères, les silences qui les entourent aussi, elle interroge sa propre existence. 

Des rencontres auront lieu chez plusieurs partenaires du territoire : 

  • le vendredi 14 novembre à 18h à la Ferme culturelle du Bessin, à Esquay-sur-Seulles 
  • le vendredi 21 novembre à 18h à la librairie Le Garage hermétique, à Luc-sur-mer
  • le dimanche 23 novembre à 17h au Tiers-Lieu L'Arbre, à Commes
  • le jeudi 27 novembre à 17h à la librairie Metropolis à Bayeux.

Ces rencontres sont ouvertes à tous et en accès libre.

Résidence à la Villa La Brugère du 31 octobre au 27 novembre 2025

Née en 1967 dans une vallée des Pyrénées, Violaine Bérot a été étudiante en philosophie, ingénieure informatique spécialisée en intelligence artificielle, puis éleveuse de chèvres.
Aujourd’hui, elle se consacre entièrement à l’écriture et aux rencontres autour de ses livres.
Depuis 1995 elle a publié 9 romans dont certains sont traduits en italien ou en allemand. Ce sont généralement des histoires de femmes, personnages fictifs ou historiques comme Jeanne d’Arc (Jehanne) ou Pénélope (Pas moins que lui).
Elle y aborde des histoires de passion, des sujets douloureux comme l’inceste (Léo et Lola), l’emprise amoureuse (Nue, sous la lune), le déni de grossesse (Tombée des nues) ou la fin de vie (Du côté des vivants).
Des romans courts, à l’écriture ciselée, longuement travaillée pour atteindre précision et sobriété.

© Stéphane Lessieux

En préambule, pourriez-vous rappeler, en quelques lignes, le sujet du projet d’écriture que vous avez commencé ou poursuivi en résidence ? 

Je travaille sur le lien entre les vies de mes grands-mères et un traumatisme récurrent chez moi que je ne m’explique pas. En réinventant leur vie, je cherche ce qui a pu leur arriver et n’a jamais été raconté.

Vous retrouvez un lieu, qui vous est familier, puisque vous êtes déjà venue en résidence à la Villa la Brugère. Quel souvenir gardiez-vous de votre passage dans ce lieu, pour avoir l’envie d’y revenir 6 ans plus tard ?

C’est un régal de revenir ici ! J’avais adoré cet endroit non seulement parce que l’emplacement est merveilleux, mais aussi pour le calme et les possibilités de longues marches, qui sont les conditions nécessaires à mon travail. Je me souvenais d’y avoir vraiment bien travaillé. Je rêvais d’y revenir...

© Violaine Bérot

Qu'est-ce que vous appréciez le plus dans le fait d'être en résidence ?

Une combinaison de facteurs : être éloignée de chez moi pour travailler à un endroit où je ne connais personne et ne serai donc pas interrompue ni tentée de faire autre chose ; être payée pour écrire et donc reconnue pour ce travail d’écriture qui aux yeux de beaucoup peut ne pas ressembler à du travail ; savoir que cette période va être exclusivement réservée à la résidence et n’accepter aucune autre proposition littéraire sur ce mois-là pour pouvoir rester concentrée exclusivement sur mon projet

Votre biographie est riche d’expériences variées, on découvre votre passé d’étudiante en philosophie, ingénieure informatique spécialisée en intelligence artificielle, puis éleveuse de chèvres.  Comment toutes ces vies enrichissent ou trouvent un écho dans votre écriture ?  

Tout ne trouve pas un écho ! Je pense que seul mon travail avec les bêtes transparaît dans certains de mes textes, sans doute parce qu’observer mon troupeau m’en a beaucoup appris sur les comportements humains…

Sans jamais tomber dans le lieu commun, votre œuvre aborde des sujets intimes et forts, comme l’inceste (Léo et Lola), l’emprise amoureuse (Nue, sous la lune), le déni de grossesse (Tombée des nues) ou la fin de vie (Du côté des vivants). D’où vient cette envie de faire entendre le désarroi de ceux ou celles qui sont confrontés à l’inattendu ?

Ce n’est pas forcément le désarroi que je veux faire entendre. Je veux plutôt réfléchir à une interrogation pour laquelle je n’ai pas de réponse. Lorsque je me demande pourquoi notre société a tant de mal à accepter la mort, j’écris Du côté des vivants. Lorsque je ne comprends pas comment une femme peut ne pas sentir un fœtus grandir dans son corps et aller jusqu’à accoucher sans réaliser qu’elle accouche, ça donne Tombée des nues. Ce qui est sûr c’est que je travaille sur l’intime et sur nos relations familiales et sociales. C’est mon terreau.

De nombreuses rencontres avec le public vont émailler votre résidence, pourriez-vous expliquer en quoi ces temps d’échanges sont importants pour vous ? Qu’apportent-ils à votre cheminement, à votre projet en cours d’écriture ?

Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre du programme Culture/Ruralité. Je rencontrerai 6 groupes distincts et de partager avec eux mon travail de création en les impliquant dans l’avancée du projet. Je vais tester à voix haute l’impact de mon texte devant un public auquel je vais demander de réagir.

Quelle suite pour votre projet d’écriture ?  

Me concentrer, travailler chaque jour, avancer, même si avancer peut chez moi signifier qu’il faut revenir en arrière et jeter des journées de travail, mais avancer malgré tout...

 

Propos recueillis par Cindy Mahout

[Questions à …] Violaine Bérot en résidence à la Villa La Brugère (14)